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Comment écouter?
Votre santé mentale

Comment écouter?

Un pont entre soi et l’autre

Pourquoi parler d’écoute? Parce que si encourager à parler de ce qui ne va pas est un leitmotiv de la promotion de la santé mentale, il n’est pas toujours évident de trouver, de l’autre côté, une véritable écoute. Qu’elle semble anodine, ou qu’on la croie réservée aux psys, l’écoute doit être une vraie rencontre, ce qui n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît. Pour cet article, minds s’associe à La Main Tendue, dont l’écoute est le métier, pour vous parler de l’importance de l’écoute, mais aussi vous donner quelques conseils pour mieux écouter.

Article co-rédigé avec Yaël Liebkind, directrice de La Main Tendue Genève

Contrairement à ce qu’on peut parfois croire, l’écoute n’est pas que l’affaire de professionnel.le.s. Mais elle requiert un peu de savoir-faire et de savoir-être. Etre à l’écoute, ce n’est pas simplement dire “tu sais que tu peux venir me parler quand tu veux.” C’est être réellement présent.e quand la personne vient effectivement se confier. Pour cela, il faut en avoir envie, éprouver un intérêt sincère pour la personne et sa souffrance, et être disponible intérieurement. Voici 3 recommandations pour être en mesure d’accueillir l’autre, et l’écouter.  

1. Ecouter avant de parler

Quand une personne vient nous confier sa détresse, l’urgence est avant tout d’écouter. Même s’il est très tentant de la questionner pour chercher à en savoir plus, il faut pourtant essayer de l’éviter. Quand une personne vit quelque chose de difficile, elle est souvent confuse, ses émotions et ses pensées sont mélangées, comme en vrac. Elle va raconter, parfois avec des silences, parfois avec de la colère et beaucoup de paroles, ce qu’elle vit. A ce moment, la meilleure façon de l’aider est de rester simplement avec elle, la laisser parler et intervenir le moins possible. Sans banaliser ni dramatiser, vous êtes là simplement avec elle. Et c’est déjà beaucoup!

2. Ne pas chercher à résoudre le problème de l’autre

Quand une personne nous confie une difficulté, notre premier réflexe est souvent de croire qu’on doit trouver une solution pour elle. Ce n’est pas le cas. C’est la personne elle-même qui est experte de sa situation. Il faudrait donc se garder de renchérir avec un bon conseil, une interprétation ou même avec une expérience personnelle (le fameux “c’est comme moi!”). Contentez-vous d’être là, à ses côtés, dans une attitude calme et bienveillante, sans en rajouter. 

3. Se concentrer sur l’émotion

La plupart du temps, quand une personne raconte une situation difficile ou un événement douloureux, la première chose qu’elle attend, c’est qu’on valide ce qu’elle ressent. L’écouter, c’est comme traverser un pont pour voir comment c’est de l’autre côté: vous êtes alors dans son monde, et vous regardez les choses avec ses yeux. A ce moment, la meilleure chose à faire est de recueillir son émotion et de la nommer: “tu dois te sentir triste / être en colère / avoir très peur!” Ou plus simplement “comment te sens-tu?” Ainsi, et sans rien faire d’autre dans un premier temps, vous validez sa souffrance, et montrez que vous la prenez au sérieux.

* * *

L’écoute est une pratique qui ne requiert pas des années d’études, mais qui nécessite une réelle intention d’aller à la rencontre de l’autre. Ecouter, c’est comme jeter un pont entre deux personnes, quitter sa propre rive et s’engager vers celle de l’autre, comme dans un pays nouveau. 

La Main Tendue propose une formation “Les sens de l’écoute” dont le but est d’explorer la relation d’écoute avec tous ses sens, et pas uniquement l’ouïe. Elle s’adresse à tout le monde et repose sur la prémisse que chaque personne peut développer son écoute.

Et si vous éprouvez le besoin d’être écouté.e, n’hésitez pas à appeler La Main Tendue au 143. Vous y trouverez une personne à votre écoute 24h/24 et 7j/7, de manière anonyme et gratuite.

Merci à Yaël Liebkind de La Main Tendue Genève pour la co-rédaction de cet article.