La santé mentale,
dès le départ, ça compte !

Selon l’UNICEF, le bien-être mental dans les premières années de la vie est essentiel au bon développement de l’enfant. Ces années, dont nous ne gardons souvent aucun souvenir, sont en effet déterminantes. C’est pendant cette période que nous posons les jalons fondateurs de notre vie relationnelle, émotionnelle et sociale. Les premiers moments comptent.

―――

Naître, grandir et s’épanouir, c’est évoluer dans un environnement complexe

Nos conditions de vie et notre environnement – relationnel, économique, social et politique – ont un impact puissant sur notre état de santé général et notre bien-être. Cette complexité, nous la retrouvons dès le départ, dans les premières années de la vie : c’est une interaction de nombreux facteurs, individuels et collectifs, qui va permettre à chaque enfant de bien se construire et grandir. Il est donc essentiel de promouvoir une approche positive et préventive de la santé mentale dans la petite enfance pour sortir du schéma culpabilisant “parents-enfants”.

Comment favoriser le bon développement de l’enfant dans les premières années de la vie ?

Pourquoi c’est si important de s’attacher ?

John Bowlby, à l’origine de la théorie de l’attachement dans les années 70, dit que “ce n’est que lorsque les besoins d’attachement sont satisfaits que le jeune enfant peut s’éloigner en toute sécurité de sa ou ses figure.s d’attachement pour explorer le monde qui l’entoure.”
L’attachement fait référence au lien émotionnel fort qui lie des personnes et leur permet de se sentir en sécurité lorsqu’elles sont proches de leur.s “figure.s d’attachement”. L’attachement débute dès la période foetale, et se développe en fonction du comportement des adultes qui s’occupent de l’enfant. Chez l’adulte, le comportement d’attachement se manifeste dans ses réponses apportées aux besoins de l’enfant. L’attachement développé par l’enfant peut être “sécure”, ou “insécure”.


  1. Principe de l’encouragement précoce :
    Tous les enfants doivent disposer des meilleures chances possibles pour démarrer dans la vie. L’encouragement précoce vise à soutenir et à encourager leurs capacités émotionnelles, sociales, créatives, motrices, linguistiques et cognitives de manière adaptée.

Comprendre, prévenir, encourager, agir, dès le départ, c’est influer de manière décisive sur l’avenir d’un.e enfant et mettre toutes les chances de son côté !

―――

Un passeport pour la vie

Le bon développement émotionnel et social de l’enfant, à travers un attachement sécurisant, va stimuler son cerveau à long terme, et avoir une influence majeure sur ses comportements et ses aptitudes tout au long de sa vie, par exemple : sa capacité à créer et maintenir des relations sociales stables avec autrui, son estime de soi, ses compétences émotionnelles, sa réussite scolaire, etc.
“Ces compétences de vie essentielles sont aussi appelées compétences psychosociales (WHO, 2003)."

Il existe 3 grandes catégories de compétences psychosociales :

Les compétences psychosociales favorisent, entre autres :

l’adaptation sociale

la réussite scolaire

les capacités de résilience

la réalisation de soi

Les compétences psychosociales jouent un rôle important dans :

la diminution de certains troubles mentaux comme l’anxiété ou la dépression

l’augmentation du sentiment d’efficacité parentale

la construction de liens d’attachement sécurisants

Ces premiers moments du développement cérébral auront une influence significative sur la capacité de l’enfant une fois adulte, à gagner sa vie et à contribuer à la société, et même sur son bonheur futur.

— Les premiers moments comptent – UNICEF

―――

L’égalité des chances, dès le départ !

C’est donc un ensemble de facteurs individuels, collectifs et sociétaux qui permet à chaque enfant de bien grandir. Veiller à ce que chaque enfant puisse s’épanouir dans les meilleures conditions, c’est donc, aussi, le devoir d’une société. Ça s’appelle garantir l’égalité des chances. Alors, comment peut-on réduire les inégalités et protéger contre les expériences négatives dans les premières années de la vie ? Car la bonne nouvelle c’est que tout est évitable !

Pourquoi et comment agir ?

Pendant ses jeunes années, l’enfant peut ainsi remplir son sac à dos de compétences utiles qui l’accompagneront tout au long de sa vie. Les jalons décisifs pour l’égalité des chances sont posés pendant cette phase. La petite enfance est donc le champ d’action le plus important dans le travail de prévention et de promotion de la santé.

— Martin Hafen