La santé mentale,
c’est pas que dans la tête !

Les facteurs déterminants de la santé mentale

Environ 60% de notre état de santé général est déterminé par notre style de vie, nos conditions socio-économiques, notre environnement et le contexte sociétal dans lequel nous vivons. De la même  façon que pour la santé physique, de nombreux facteurs extérieurs influencent notre santé mentale.

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Le rôle déterminant de notre environnement

La santé mentale ne se résume pas à une absence de troubles psychologiques. Elle comprend le bien-être, l’optimisme, la satisfaction, la confiance en soi, ou encore la capacité relationnelle. Elle est influencée par une interaction complexe de nombreux facteurs tels que les relations sociales, les événements de la vie, des facteurs génétiques, le revenu, la formation, l’emploi, le logement, l’accès aux services, les violences, les discriminations, ou encore l’environnement dans lequel on vit. Un ensemble de facteurs déterminants qui sont donc internes et externes à la personne ! De plus ces déterminants interagissent et s’influencent entre eux.

On peut les classer en 3 grandes catégories :

Comprendre, évaluer et favoriser la santé mentale d’une population c’est donc prendre compte tous ces facteurs collectifs, à la fois internes et externes à la personne!

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Inégaux… devant la santé mentale

Certaines caractéristiques et situations, telles que des conditions socio-économiques défavorables, un isolement social accru ou des situations de discrimination affectant plus particulièrement certaines populations, créent des inégalités en santé mentale. Ainsi, parmi les groupes d’individus les plus susceptibles de présenter des problèmes de santé psychique, on peut citer : les personnes à bas revenu, les personnes  LGBTIQ, les personnes issues de la migration, les familles monoparentales, les enfants de parents atteints de troubles psychiques, les personnes souffrant de handicap ou de maladie chronique, les  détenu.e.s, les personnes à faible niveau de formation, les aîné.e.s, les personnes sans emploi, etc.

Le statut socio-économique

La probabilité de souffrir d’une maladie psychique, telle que des symptômes dépressifs ou d’anxiété, varie fortement en fonction de notre statut économique et augmente considérablement lorsque co-existent d’autres inégalités sociales.

REVENU ÉLEVÉ
13%
REVENU MOYEN
17%
REVENU BAS
22%

Personnes souffrant de problèmes psychiques en Suisse en fonction du niveau de revenu

Selon l’Organisation mondiale de la santé, il existe une relation à double-sens entre la santé mentale et le niveau socio-économique:
une mauvaise santé mentale mène à une diminution de l’emploi et du revenu, qui en retour influencent négativement la santé mentale

Le niveau de formation

Plus le niveau de formation est élevée, moins les problèmes psychiques sont fréquents. Si le manque d’éducation est un facteur de risque pour la santé mentale, le niveau d’instruction est aussi un facteur protecteur.

DEGRÉ TERTIAIRE
13%
DEGRÉ SECONDAIRE
18%
ÉCOLE OBLIGATOIRE
25%

Personnes souffrant de problèmes psychiques en Suisse en fonction du degré de formation

L’emploi

Le risque de troubles psychologiques et de tentatives de suicide augmente avec le chômage et la précarité.

Le risque de souffrir de troubles psychiques est le plus élevé chez les personnes travaillant sans contrat ou soumises à des contrats temporaires et précaires. L’anxiété générée par l’incertitude et la précarité de l’emploi est donc plus néfaste que l’absence d’emploi elle-même.

La qualité de l’emploi a également une grande influence sur la santé mentale.

de mauvaises conditions de travail peuvent entraîner stress, perceptions d’exigences trop élevées, manque de contrôle, sentiment d’être injustement traité.
de bonnes conditions de travail ont une influence positive favorisant le développement personnel, les relations sociales et l’estime de soi, contribuant à une bonne santé mentale.

PERSONNES SANS EMPLOI

PERSONNES AVEC EMPLOI

Personnes souffrant de troubles psychologiques en fonction de l’insertion professionnelle

Le sentiment de solitude et le soutien social

36% des suisses et 46% des Genevois.e.s se sentent parfois à très souvent seul.e.s.
Sentiment de solitude, soutien social et troubles psychiques sont très étroitement liés et varient fortement en fonction de l’âge, du genre, du niveau de revenu, du niveau de formation, des origines… c’est un véritable révélateur d’inégalités ! Nous ne bénéficions pas tous du même soutien social et nous ne sommes pas égaux face au sentiment de solitude.

PERSONNES SOCIALEMENT PEU SOUTENUES

PERSONNES SOCIALEMENT SOUTENUES

Personnes souffrant de problèmes psychiques en Suisse moyens à graves en fonction du soutien social

Le genre

Parce qu’il a un impact sur de nombreux facteurs (le revenu, l’emploi, les violences, les discriminations etc.) le genre a inévitablement une influence déterminante sur la santé mentale. Les chiffres révèlent une inégalité de fait entre hommes et femmes face à la souffrance psychique.

> Pourquoi les femmes sont-elles en moins bonne santé mentale que les hommes?

Troubles psychologiques en Suisse en fonction du genre

La nationalité

À Genève, en 2015, un quart des hospitalisations en psychiatrie concernait des requérants d’asile. 64% d’entre eux ayant consulté en psychiatrie aux HUG souffraient de dépression.

SUISSES
17%
ÉTRANGERS
24%

Personnes souffrant de troubles psychiques en Suisse en fonction de la nationalité

L’orientation sexuelle et l’identité de genre

*lesbienne, gay, bisexuel.le, trans, queer, intersexe

• La probabilité de souffrir d’une maladie psychique est au moins 1,5 fois plus élevée chez les personnes homosexuelles et bisexuelles que chez les personnes hétérosexuelles
• C’est pendant le processus de coming out (en moyenne autour de 17 ans) que le risque est le plus fort
• La moitié des tentatives de suicide chez les jeunes lesbiennes, gays bisexuel.les et les trans a lieu avant l’âge de 20 ans, et les trois quart avant l’âge de 25 ans

JEUNES FEMMES HOMO-/BISEXUELLES
14.3%
JEUNES FEMMES HÉTÉROSEXUELLES
2.8%

Tentatives annuelles de suicide chez les femmes de 16-20 ans

JEUNES HOMMES HOMO-/BISEXUELS
6%
JEUNES HOMMES HÉTÉROSEXUELS
1.2%

Tentatives annuelles de suicide chez les jeunes hommes de 20 ans

PERSONNES TRANS
19.8%
CISGENRE
4.1%

Tentatives de suicide chez les jeunes de 13 à 17 ans selon l’identité de genre

Plus un individu est en situation précaire, moins il est riche matériellement dans sa communauté, et plus il a de risque de présenter des troubles psychiques

– Sebbane Déborah, De rosario Bianca, Roelandt Jean-Luc

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La promotion de la santé mentale c’est donc agir sur tous les déterminants, au niveau individuel, collectif et… politique !

Promouvoir la santé mentale, c’est :

La promotion de la santé mentale est donc un acte politique car elle vise essentiellement les facteurs sociaux, lesquels dépendent quasiment tous de l’action publique

– Sebbane Déborah, De rosario Bianca, Roelandt Jean-Luc