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Du plomb dans le coeur
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Du plomb dans le coeur

La pandémie ajoute un grand poids sur les épaules des “néo-célibataires", ceux qui doivent renaître au monde quand celui-ci semble à l’arrêt…Nous l’avons probablement toutes et tous vécu un jour, la violence psychologique d’une rupture. Elle ébranle nos repères émotionnels, physiques, chimiques et sociaux. Il faut même passer par une phase de sevrage de la présence l’autre.  Un manque que les interactions et la vie sociales permettent généralement de compenser…

Le soutien social, au coeur de notre santé mentale

Le sociologue Gaël Brulé, spécialiste du bonheur et du bien-être subjectif à l’Université de Genève, nous explique qu’un “des moyens de se remettre d’un évènement de vie douloureux tel que la séparation consiste à mobiliser ses ressources sociales: amis, famille, ou même personnes que l’on connaît moins, pour discuter et vider son sac. Puisque contrairement au veuvage, où l’on éprouve souvent le besoin de prendre du temps hors du monde, la rupture amoureuse incite à tisser des liens. On n’est plus cette personne en couple, mais cette personne seule qui veut découvrir sa nouvelle identité au milieu des autres. Et l’absence d’interactions condamne à plus de ruminations".

L’absence d’interactions condamne à plus de ruminations
– Gaël Brulé, sociologue

La vie sociale est une composante essentielle de notre bien-être et le soutien social est un des facteurs qui a la plus grande influence sur notre santé mentale. Et depuis le mois de mars, nous sommes toutes et tous “en manque de rendez-vous, ce rituel qui ouvre des possibilités, élance le corps et l’âme".

Le soutien social, c’est-à-dire le fait de savoir que l’on est aimé, estimé, valorisé, et que l’on fait partie d’un réseau social, a une très grande influence positive sur la santé physique et mentale et nous protège contre le stress et les événements négatifs de la vie. De fait, une analyse sur 11 pays européens a trouvé que le soutien social perçu était le déterminant le plus important d’une bonne santé mentale, au-delà de variables socio-économiques telles que le revenu, et de variables individuelles, comme par exemple le genre.

Nos conseils et ressources dans notre article “Coronavirus, comment protéger sa santé mentale?"

Depuis plusieurs mois, notre vie, notre façon de travailler, d’habiter ont changé…

Croire en la force du désir

Même dans une période de distanciation et de masques, aller vers l’autre est encore possible ! Planifier un café, un moment en ligne entre collègues ou amis, marcher avec des proches, se rencontrer en plein air, c’est possible ! Passer du temps dehors favorise par ailleurs la production de sérotonine et c’est bon pour le moral. Nous devons donc essayer, dans la mesure du possible, de rompre avec la morosité de la vie en ligne en gardant en tête que, même si la pandémie s’est installée dans nos vies plus longtemps que prévu, la situation reste temporaire.

Et puis, comme nous le rappelle le philosophe Eric Fiat, même dans cette période troublée, il nous faut “croire à la force du désir car il trouve toujours des moyens d’agir. Le fait de prendre son temps peut même être l’occasion d’une meilleure connaissance de l’autre, mais aussi de soi. En s’éprouvant dans les circonstances. Et puis il ne faut pas oublier le plaisir de la clandestinité: l’amour adore se nourrir du secret"….